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HabitatScope 2013

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Senior Boom !

Réalisé par l’Ipea et Sofinco, l’HabitatScope nous livre un panorama fort intéressant des Français et de la maison. D’autant qu’avec un CA estimé à 52 milliards d’euros TTC en 2011 (en progression de 0,7 % en un an), la maison reste l’un des rares marchés porteurs de l’économie. Qui dit aménagement de la maison, dit tout d’abord logement. A ce propos l’âge est une variable importante. Or la population vieillit. Un quart des Français aura plus de 60 ans en 2015 et ils sont déjà un sur trois à vivre seuls contre un sur quatre, il y a 10 ans.

maison individuelleQuelques chiffres...

Les consommateurs ne sont plus prêts à acheter n’importe quoi et veulent un intérieur qui leur ressemble. Mais quel logement pour quels Français ? Voilà ce qu’Habitascope nous dévoile. Tout d’abord les Français vieillissent et  cette donnée, fort importante, n’est pas assez prise en compte aujourd’hui. Le logement reste au centre de leur préoccupation. Il représente un quart de leur budget (contre 11 % en 1960) et les dépenses considérées comme contraintes accaparent 75 % du budget logement contre seulement la moitié en 1960. Il reste donc peu de place pour les autres produits d’aménagement de la maison, sauf à donner envie de changer, d’améliorer, de décorer en arbitrant plutôt en faveur de la maison au détriment d’autres biens de consommation (ce qui explique, entre autres, la bonne tenue du marché du bricolage).

La France, championne de la natalité

Au 1er janvier 2012, la France métropolitaine comptait 63,5 millions d’habitants. La population française a continué d’augmenter en 2011 au même rythme que les années précédentes mais moins fortement qu’au début des années 2000 (+ 0,7 % en moyenne entre 2000 et 2006 contre + 0,5 % en 2007 et 2001). Cette bonne performance est due non seulement à un taux de natalité élevé, mais également à l’allongement de l’espérance de vie, sans oublier le solde migratoire (+ 77 000 personnes). Au 1er janvier 2011, la population de l’Union Européenne à 27 comptait 502,5 millions d’habitants, soit une augmentation de 1,4 million de personnes par rapport à 2010. C’est au Luxembourg, Suède, Malte, Belgique, Royaume-Uni qu’elle a le plus augmenté alors qu’elle a fortement diminué en Lituanie, Lettonie et Bulgarie. Ainsi la France (avec 12,6 % de la population de l’UE) reste donc le deuxième pays derrière l’Allemagne : l’indicateur de fécondité est donc de 2,01 enfants par femme française contre 1,59 dans le reste de l’Europe. Si l’âge moyen de l’accouchement continue de s’élever (30,1 ans). En revanche, les femmes françaises, contrairement à leurs voisines européennes n’hésitent pas à avoir un deuxième enfant après 30 ans, ce qui permet au taux de natalité français d’être au plus haut. En France, plus d’un enfant sur deux est conçu hors mariage, phénomène qui n’existe quasiment pas dans les autres pays (taux très faible). En France, la mère de famille active réussit mieux que ses voisines à mener de front l’éducation des enfants et sa vie professionnelle. Cette situation est, à contrario des autres pays, valorisante socialement, alors qu’elle est mal perçue dans bon nombre de pays ou alors les infrastructures n’existent pas (comme en Allemagne qui possède de ce fait, le taux de natalité le plus faible de l’UE). Si l’Allemagne reste le pays le plus peuplé d’Europe (devant la France), à terme la population allemande vieillissant plus vite que la France, ces données devraient s’inverser. Le taux de natalité en France est de 12,9 % contre seulement 8,3 en Allemagne, le plus bas d’Europe.

60 ans, l’âge d’or européen ?

Malgré tout, une forte croissance de la part des Français de plus de 60 ans est attendue dans les années à venir. Eurostat estime que la part des Français de plus de 60 ans sera de 24,5 en 2015 et de 32 % en 2060 avec une forte hausse de la part de la population de 75 ans et plus qui atteindra les 16 %. En Europe, ce sera pire puisqu’en 2060, en moyenne, la population de 60 ans et plus dépassera les 35 %. L’Allemagne, avec 39 %, battra le record toutes catégories. Donc, la France restera, malgré tout l’un des pays les plus « jeunes » de l’Europe. Le taux de dépendance vieillesse doublera d’ici en 2060 en Allemagne passant de 31,3 en 2010 à 59,9 % en 2060. En France, à cette même époque, nous en serons qu’à 46,6 % contre 25,7 % actuellement. Dès lors, cette évolution de la population aura un impact fort sur la compétitivité comparée entre la France et l’Allemagne. Nous regagnerons donc, mathématiquement du terrain. Du côté des professionnels de l’aménagement de la maison, cette donnée n’est pas neutre. Les opérations de communication à destination des seniors sont assez peu nombreuses. Les meubles sont assez peu adaptés à une clientèle senior, mais il faudra que cela change car cette clientèle représentera plus du tiers de la population dans les années à venir. Certes leurs revenus sont un peu plus faibles, mais leur pouvoir d’achat est équivalent à ceux des plus jeunes car ils n’ont plus d’emprunt à rembourser ni d’enfants à élever.

Les franciliens, les plus jeunes

La population francilienne reste la plus jeune de France : 33 % ont moins de 25 ans presque la moitié est âgée de 25 à 59 ans et seulement 18 % a dépassé les 60 ans. Ceci s’explique par le fait que la région attire de jeunes actifs et des étudiants tandis que les plus âgés émigrent vers le Sud. Le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et l’Alsace figurent aussi parmi les régions de France les plus jeunes avec la plus faible proportion de 60 ans et plus (entre 19 et 21 %). A l’inverse, le Limousin et l’Auvergne sont les régions les plus vieilles. Ceci induit que le Limousin (37 %), l’Auvergne (36 %) et l’Ile-de-France (36 %) présentent les plus forts pourcentages de ménages composés d’une seule personne. Ces différences de population se traduisent par des comportements d’achat différents. Ainsi les régions les plus jeunes comme l’Ile de France sont considérées comme des marchés d’équipement tandis que les autres se positionnent plutôt comme des marchés de renouvellement. En conclusion, cette population majoritairement féminine (60 % car les femmes vivent plus longtemps que les hommes), propriétaire à 75 %  (mais dont la structure de revenu va se dégrader), qui possède une mobilité faible, mais qui veut continuer à vieillir chez elle (9 sur 10), constitue une cible importante de consommateurs sur laquelle fabricants et distributeurs doivent se pencher : prises électriques en hauteur, chemin lumineux entre la chambre et les toilettes pour éviter les chutes, portes coulissantes, douche italienne, plans de travail rehaussés etc. Bref, autant de nouveaux marchés induit par le vieillissement de la population.

De plus en plus seuls

Phénomène de société, depuis l’an 2000, le nombre de mariages, depuis l’an 2000 n’a cessé de diminuer et a chuté en 10 ans de 17,6 % au profit des Pacs. Contrairement à une idée reçue, les Pacs ne sont pas réservés aux homosexuels : entre 2000 et 2010, le nombre de Pacs entre hétérosexuels a été multiplié par 10 (alors qu’il n’a augmenté que de 68,9 % entre homosexuels !). Moins coûteux et moins contraignant, le Pacs est donc en passe de supplanter le mariage traditionnel. La France comptait en 2008, 26,6 millions de ménages, soit une augmentation de 11,8 % par apport à 99. En 2008, plus du quart des ménages étaient constitués de couples avec enfant(s). Mais ce ratio est en baisse au profit de familles monoparentales (+29 %) et aux couples sans enfants (+17,9 % en 99 et 2008). A noter que l’Allemagne détient la palme européenne des ménages composés d’une seule personne : 39,8 % contre 30,5 % pour la moyenne européenne. Selon l’Insee, la taille des ménages devrait continuer à décroître dans les années à venir et ne devraient plus que compter 2,1 personnes à l’horizon 2030 et 2 en 2050, ce qui porterait la part des personnes vivant seules à 23 % contre 17 % actuellement. En conclusion, la vie en couple perd du terrain au profit du célibat : 83 % des vivaient en couple en 1982, ils ne sont plus que 70 % en 2010.

Moins propriétaires ?

Après avoir augmenté de façon régulière depuis 99, le taux de propriétaires marque le pas à 57,9 % (en 2011), ce qui est logique vu la hausse de l’immobilier et la raréfaction de crédits. Le ratio habitation principale versus secondaire reste stable : 82 % pour les premières et 9 % pour les se­con­des. En moyenne, 2,36 personnes habitent cette résidence principale (en légère baisse). Les locataires sont, en moyenne, moins nombreux par logement (2,05 personnes). C’est chez les propriétaires occupants que l’on trouve la part la plus importante de famille de 4 personnes (15,4 %), mais ce sont chez les locataires du parc social que vivent les grandes familles : 5 à 6 personnes (respectivement 6,2 et 4,7 %). La surface moyenne par personne augmente. Elle est passée de 35,6 m2 en 2009 à 36,1 m2 en 2011. Ceci est principalement dû à l’augmentation des ménages composée d’une seule personne. En 2011, les propriétaires occupants habitent, en moyenne, des logements de 98,2 m2 et ils comptent 2,45 personnes par logements. A noter que, selon le Commissariat Général au Développement Durable, 68 % des résidences principales françaises étaient en sous-peuplement en 2010. En résumé, le marché de l’équipement de la maison est fortement lié au marché de l’immobilier. Ainsi, en 2010, un meuble sur trois avait été acheté par un ménage ayant déménagé durant ces deux dernières années. L’état du marché immobilier ne sera donc pas sans conséquence sur le marché de l’équipement de la maison, un déménagement étant souvent l’occasion de refaire les sols ou les cloisons pour les mettre à son goût et ensuite de racheter du mobilier plus en phase avec le nouvel intérieur. Cette baisse de l’immobilier devrait peser en valeur sur les ventes d’équipement durant une bonne partie de l’année 2013. Rappelons qu’en France, la construction de logement est passée de 450 000 en moyenne avant la crise à moins de 300 000 actuel­lement. Pas étonnant que les prix flambent ! Pourtant le gouvernement affiche la volonté de construire 500 000 logements par an dont 150 000 logements sociaux (pour 1,2 million de demandes).

Marie-José Nicol