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31 Mai 2012
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Salons 2012
Le célèbre et extravagant hôtel Marina Bay Sands avec ses 2 500 chambres, sa piscine à débordements en guise de toit.
Le bel écrin
de la ville jardin
Incontestablement, le sud-est asiatique est devenu le haut lieu des salons dédiés à l’ameublement et par extension la décoration. Il est vrai que le formidable vivier de consommateurs le dynamisme industriel des tous ces pays ne fait qu’accentuer toujours un peu plus le phénomène. Pour le constater de visu, il existe sur le continent un poste d’observation incontournable, dans la « ville jardins » de Singapour, un salon nommé IFFS/AFS et ses satellites Deco Asia et Hospitality Show dont l’édition 2012 s’est déroulée du 9 au 12 mars.
Cela fait déjà 29 ans que s’y déroule une des plus prestigieuses expositions dédiées à ce secteur et le moins que l’on puisse dire c’est que ce salon est probablement le plus valorisant de toute la zone Asie Pacifique en termes d’offre produit. En effet les organisateurs ont pris délibérément le parti d’y accueillir ce qui se fait de mieux sur plan qualitatif au sein de tous les pays d’une région très performante et grande exportatrice devant l’éternel. C’est ainsi que tous les industriels et fabricants qui exposent font de leur mieux pour y proposer le meilleur de leur production. Force est de reconnaître qu’ils y réussissent parfaitement. Nous avons été frappés par une harmonie et une cohérence que nous n’avons ressentie nulle part ailleurs. Le choix de n’accueillir qu’un nombre limité d’exposants dans un parc aux dimensions humaines y joue pour beaucoup. Il règne une ambiance indéfinissable de quiétude et d’environnement de bon goût qui font de ce rendez-vous un moment privilégié. Nous sommes très loin de ces immenses expositions où se bousculent des dizaines de milliers de visiteurs au cœur de halls gigantesques qui font des journées consacrées à ce type de salon un marathon qui laisse l’acheteur épuisé et bien souvent perplexe tant l’offre est pléthorique. Rien de tout cela sur le rendez-vous singapourien. Le visiteur y est accueilli avec le sourire dans un cadre reposant où l’insonorisation est particulièrement soignée, la signalisation d’une grande simplicité et la propreté, connaissant la réputation locale irréprochable. Tout ceci a été étudié, pensé avec minutie par les organisateurs pour permettre à l’acheteur, d’observer de près en toute quiétude les produits et d’entamer d’éventuelles négociations commerciales avec son fournisseur dans les conditions optimales. Le stress n’est pas de mise, à l’image d’une cité état devenue un modèle de savoir-vivre sans perdre pour autant, loin de là, sa redoutable efficacité commerciale, qui en fait une des plaques tournantes du business mondial. Singapour, derrière son décor de carte postale d’une cité ancrée dans le modernisme le plus évolué, est une des plateformes économiques les plus redoutables et les plus efficaces au monde, et pourtant la concurrence est rude dans la région.
Ambiance...
Singapour pour les nuls
La cité Etat est réputée pour sa propreté légendaire, son calme, sa douceur de vivre pour les expatriés, ses magnifiques jardins au cœur de la ville, sa célèbre compagnie aérienne à la qualité de service à bord irréprochable. Mais elle est avant tout une des plaques tournantes du commerce mondial, comme en atteste son port de commerce qui se situe au deuxième rang mondial en quantités de tonnage. Avec la Corée, Hong Kong et Taiwan, la République de Singapour fit partie de ce que ceux que l’on surnomma les quatre dragons d’Asie. Elle peut à juste titre s’enorgueillir de sa formidable réussite économique malgré la faiblesse de ses ressources naturelles. Ce handicap ne l’a pourtant pas empêchée de devenir un des pays les plus prospères au monde, comme le démontre cet incroyable troisième rang en termes de parité de pouvoir d’achat derrière le Qatar et le Luxembourg. Cette prospérité offre aux habitants, majoritairement Chinois (environ 77 % de la population) un accès à une éducation de qualité, un système de santé de très haut niveau, un urbanisme moderne et une sécurité légendaire. Situé à l’extrémité Est du détroit de Malacca, ce petit état, cité marchande de 647 km2 aux confins de l’orient peuplés de 5 millions d’âmes, possède la deuxième place financière du continent après le Japon, le PIB le plus élevé au monde et se situe au quatrième rang en nombre de milliardaires que compte la planète. Ces chiffres à donner le tournis permettent de mieux comprendre le dynamisme de ce que l’on nomme la Suisse de l’Asie. Si la vente de chewing-gum est toujours réglementée et si tout manquement civique au respect de l’hygiène publique est sévèrement puni, Singapour présente un autre bilan que ces détails qui relèvent de l’anecdote folklorique. La petite cité état est ni plus ni moins l’une des places de business parmi les plus performantes au monde. Toutefois, Singapour n’est pas une cité austère, tant s’en faut. Il suffit de visiter le célèbre et extravagant hôtel Marina Bay Sands avec ses 2 500 chambres, sa piscine à débordements en guise de toit, qui abrite son énorme casino et son non moins gigantesque shopping mall, ou encore le quartier très animé de Clarke Quay pour constater que la notion de plaisir et de joie de vivre fait partie intégrante du quotidien des Singapouriens.
Interviews...
Avis d'expert...
Singapore Mozaic
Le plus bel écrin pour une production de haut niveau
Nous avons voulu insister sur ce détour économico-géographique afin de mieux faire comprendre de quelle manière les organisateurs d’un salon appréhendent sa mise en place, sa philosophie et son offre. Il est clair qu’une cité de 5 millions d’habitants, même à fort pouvoir d’achat, ne peut en aucune manière mettre en mouvement une grosse machine de guerre, telle que celles de Shanghai ou de Canton. Cependant, étant donné le niveau de revenus des habitants, la situation territoriale, la taille d’un parc d’exposition dont il serait inutile qu’il atteigne la taille des grands parcs de l’empire du Milieu, l’environnement on ne peut plus valorisant, tant sur le plan urbain que des commodités d’accueil, place est faite aux produits haut de gamme. Ainsi le salon IFFS se veut l’écrin de ce qui se fait de plus beau, de mieux fabriqué, chez les pays voisins. Comme l’anglais constitue la langue maternelle du pays, comme la notion de service est poussée à l’extrême, les étrangers y trouvent un « terrain de jeux » idéal pour présenter leurs nouveautés et innovations pour peu que leur production tende vers le haut de gamme et que l’envie les prenne de les proposer à l’exportation. Quant aux visiteurs du monde entier, ils découvrent également une offre unique en son genre. Le salon IFFS ne joue pas la carte de la sous-traitance à bas prix. Par contre ceux-ci pourront admirer ce qui se produit de mieux en Thaïlande, Indonésie, Philippines, Vietnam pour ne citer les pays les plus impliqués dans le secteur. Ils verront que nombre de ces entreprises portent des couleurs étrangères. Des stylistes le plus souvent venus des pays d’Europe du Nord, et notamment belges et hollandais, voire français (Vendôme), « sévissent » beaucoup de talent dans ces pays, garantissant par là même une qualité occidentale dans le domaine de la fabrication et une adaptation aux goûts spécifiques de nos contrées. Qualité de l’accueil, dimensions d’expositions à taille humaine, offre haut de gamme, voici donc les solutions que proposent la plateforme singapourienne. Nous sommes aux antipodes les grosses structures de l’empire du Milieu pour ne parler que des plus proches géographiquement. Ceci se traduit en termes de chiffres de façon très explicite puisque la superficie du salon ne couvre que 67 000 m2 répartis sur 7 halls, où 525 exposants ont proposé leurs nouveautés et innovations à 23 552 visiteurs ce qui, rapporté à la taille du salon, est un résultat excellent, et surtout en augmentation de 13 % par rapport à l’an passé. Un dernier mot enfin à propos de l’offre meuble présentée. Nous avons pu constater la part très importante consacrée à l’outdoor, ce qui n’a rien d’étonnant en ces lieux, mais comme ces produits ont pour vocation à être exportés vers les pays européens, cette offre prouve que le marché de l’outdoor répond à une demande en pleine ascension. A mesure que ce marché évolue, elle se sophistique notamment grâce à l’action conjuguée de ce type de fabricants et des stylistes européens qui y opèrent. Il est également manifeste que le mobilier outdoor tend à offrir une polyvalence de plus en plus manifeste. Enfin comment passer sous silence l’offre Déco Asia qui a participé grandement à la mise en valeur des produits ? Ce secteur de la décoration est manifestement en plein boom, et le phénomène n’est pas près de s’atténuer. Là encore, les fabricants ont présenté une production de qualité, loin de l’offre gadget à bas prix. Le troisième volet du triptyque nommé Hospitality Asia proposait aux visiteurs toute une gamme de produits plus techniques, destinés à l’aménagement de la maison individuelle et des hôtels, dans tous les domaines depuis la salle de bains en passant par les planchers, la robinetterie, les planchers, les composants, etc. Pour être complet, sachez que le concours réservé aux designers avait pour thème « Love, Think, design, green », ce qui prouve que l’écologie s’est invitée partout, même sous le crayon des designers.
Business et rumeurs
Tout cela est bien beau, mais les efforts déployés par les organisateurs en termes de qualité d’accueil ne l’ont pas été pour mettre en place un gigantesque show room à destination de curieux. C’est bien un vrai salon professionnel sur lequel les acteurs du métier se sont rendus. C’est ainsi que le niveau des transactions s’est affiché à un niveau très élevé en regard du rapport visiteurs/exposants, puisqu’il s’est élevé à 303 millions de dollars, ce qui représente une belle progression par rapport à l’an passé ou le compteur s’était bloqué à 289 millions. A noter que la quasi-totalité de ces transactions s’est effectuée avec des visiteurs venus du monde entier, ce qui prouve qu’il n’est pas besoin d’être un colosse pour attirer les acheteurs étrangers. Nous avons même été témoins d’une situation cocasse avec un exposant américain, Josue Reynoso de la société Polart qui ne trahissait pas d’éloges sur la qualité du visitorat international. Il a en effet pu rencontrer pour la première fois un acheteur venu de Porto Rico, un pays voisin ! C’est donc un bilan très positif que peuvent afficher les organisateurs ou le niveau d’affaires a été soutenu par la montée en puissance de l’offre décoration. Bien des bruits courent à ce propos puisque des voix se sont fait l’écho d’un partenariat avec Maison et Objet, rumeurs à ce jour non confirmées, mais alimentées par la présence d’Etienne Cochet, Directeur du salon Parisien, que d’aucuns ont vu en grande discussion avec l’équipe organisatrice. Depuis, rien n’a filtré. Affaire à suivre. Avec son rendez-vous de Mars, Singapour a prouvé qu’il n’est point besoin d’être un géant pour marquer les esprits. Il suffit de taper juste et contenter des acheteurs qui n’ont qu’un souhait, découvrir de bons produits, un service impeccable, si possible dans un environnement valorisant. C’est ce qu’ils ont encore trouvé cette année au sein de ce salon tricéphale qui a parfaitement comblé leurs attentes, comme les chiffres l’ont démontré.
Philippe Méchin
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Mobilium : Ma question est simple. Quel est votre sentiment à l’issue de cette édition 2012 ?
Une très belle offre, surtout en outdoor










