IMM Cologne

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imm-logoSolide au poste

Dans un univers où bien des regards se tournent vers l’Asie, grand producteur d’une industrie ultra concurrentielle, la profession du meuble a semble-t-il définitivement trouvé sa plateforme européenne incontournable en matière de salon. Celle-ci se nomme IMM et se tient à Cologne, au cœur d’un vieux continent qui fait mieux que résister malgré les difficultés et les nuages qui s’amoncellent sur son économie.

stand canapés

N’en déplaise aux grincheux, c’est une fois de plus l’Allemagne qui fait désormais office de référence, grâce notamment à un marché intérieur qui a re­trouvé toute sa vigueur, dopé par une industrie nationale très performante, nous y reviendrons plus loin. Toujours est-il qu’une fois de plus la recette de nos voisins d’outre-Rhin s’avère être la bonne. Un tissu d’entreprises de tailles suffisantes pour répondre à la demande domestique tout en assurant un déploiement sur l’export, tant sur les marchés voisins, que sur les pays émergents, une offre de qualité tirée par le haut de gamme, telle est en gros la raison du succès rencontré par les produits made in Germany, quel que soit le secteur d’activité. Celui du meuble n’échappe évidemment pas à la règle, et le nombre de PME florissantes constitue un socle on ne peut plus solide pour un organisateur de salons. Ce socle national lui permet de bâtir une offre qui intéresse non seulement les acheteurs locaux, mais également ceux du monde entier, attirés par la dynamique et la qualité de la production de nos voisins outre Rhin. Cette typologie si caractéristique se retrouve dans tous les salons professionnels allemands. Elle constitue quoi qu’il en soit un avantage indéniable sur une concurrence guère nombreuse en Europe dans le domaine des salons dédiés à l’industrie du meuble, il faut bien l’avouer. Seul celui de Milan s’affiche comme une autre référence. Il le doit à son positionnement particulièrement design, qui fait se déplacer acheteurs et esthètes. Cette spécificité italienne lui permet de posséder une industrie nationale encore performante.

Interviews

 

majerusMobilium : Malgré la conjoncture, le salon va encore battre tous ses records. Quelle est votre recette ?
Markus Majerus : En effet, nous allons dépasser de loin les résultats de l’édition 2010, où ne figurait pas Living Kitchen. Nous avons aussi enregistré des chiffres étonnants comme par exemple la présence de 75 exposants italiens, ou encore une affluence record de visiteurs venus des pays de l’Est. Je crois simplement que notre salon fait office de valeur refuge dans un monde en perte de repères. De plus, il ne faut pas nier l’impact rassurant de l’environnement économique allemand. Tout ceci ne fait qu’augmenter l’internationalité du salon.

Mobilium : Pensez-vous avoir profité des malheurs du salon de Paris ?
Markus Majerus : Je ne sais pas, mais je peux vous dire que ceci n’a jamais été notre objectif. Nous ne nous réjouissons pas des problèmes des autres, bien au contraire. C’est particulièrement vrai pour la France avec laquelle nous devons entretenir des rapports économiques étroits si l’on souhaite que l’Europe se redresse. Et puis un salon qui disparaît n’est jamais une bonne nouvelle. Nous nous sommes uniquement concentrés sur le développement de notre événement, et je peux vous dire que ceci nous a très largement occupé l’esprit. En tout cas, je ne vois pas de relation de cause à effet entre le problème rencontré par Meuble Paris et IMM Cologne. Ce sont deux produits différents, avec deux philosophies spécifiques. Ce n’est pas dans notre mentalité de nous concentrer sur le malheur des autres.

Mobilium : Le monde de la salle de bains ne semble pas avoir rencontré le même succès que celui de la cuisine l’an passé.
Markus Majerus : Il ne faut pas le voir ainsi. Le monde de la salle de bains a été intégré à Living Interiors ou se sont regroupés les industriels de la chambre à coucher et ceux de la salle de bains. Nous pensons que le lien entre ces deux pièces est évident. Nous avons donc conçu Living Interiors comme un open space à l’instar de ce qui se fait dans notre habitat moderne. Le concept est neuf, il a besoin de se roder. La prochaine édition aura lieu dans deux ans puisqu’elle se déroulera en alternance avec Living Kitchen. D’ici là bien des choses auront évolué sur Living Interiors.


 

marchianoUn achat opportun pour notre développement

Nous sommes une société positionnée dans l'univers des canapés avec comme spécialité les fonctions autour de celui-ci comme les têtières, le relax familial, lit, les accoudoirs réglables, les tiroirs. Elle possède comme atout majeur excellent rapport qualité-prix, ce qui explique notre succès en Allemagne. Toutefois, nous avons un déficit de notoriété sur le marché français notamment. L'acquisition d'Hukla nous aide au développement de la France. Ce n'est pas seulement la marque et les brevets que nous avons acheté, mais aussi les deux sites de production de Torgelow en Allemagne, en Mecklembourg-Poménarie Occidentale, à la frontière de la Pologne et en Pologne avec 300 ouvriers environ. Hukla Möbel GmbH n'était pas concerné par la reprise. Cette opération nous permet surtout d'occuper un secteur où nous étions absents, à savoir celui des fauteuils de relaxation, avec un nom à forte notoriété et un concept de mar­que. Nous allons également pouvoir profiter de leur savoir-faire dans le domaine de la mousse moulée ce qui nous permettra de compléter notre gamme. Pour l'instant cette décision est toute récente, mais vous en saurez plus dans les semaines à venir.


 

pineauObjectif 50

Habufa est une société âgée de 40 ans qui se développe sur le marché français via deux créneaux, celui des revendeurs traditionnels, à savoir les en­sei­gnes classiques et sur notre propre réseau H&H constitué de partenaires indépendants. Nous som­mes donc à la fois fabricants, dis­tributeurs et détaillants. À travers H&H, nous avons un concept très clairement identifié, ou Habufa prend en charge l’intégralité de la mise en ambiance, le suivi des collections, la communication, la publicité. Ces magasins deviennent des concepts stores, mais ce ne sont en aucun cas des concessions. Ils sont indépendants et nous leur vendons le concept complet. A cet effet nous concevons, dessinons, faisons fabriquer par des usines qui travaillent exclusivement pour nous. La force de H&H ne passe pas seulement par nos produits, mais aussi et surtout par la mise en ambiance, l’installation de décorations, une communication forte, un catalogue de 190 pages, des dépliants, un site internet. Une fois l’installation effectuée, nous revenons tous les ans pour effectuer les mises à jour. Notre objectif pour 2012 est d’ouvrir 10 magasins minimum afin de dépasser le chiffre de cinquante points de vente.


 

babbiniLa France est notre plus gros marché potentiel

Dorelan est à ce jour, le leader en Italie du secteur de la literie. Nous réalisons un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros et possédons 4 sites de production d'une surface de 65 000 m2. Nous travaillons régulièrement avec pas moins de 1 500 clients. En Italie, 80 magasins monomarque Dorelan diffusent nos gammes de produits. Nous avons démarré l’export il y environ 5 ans et celui-ci représente à ce jour environ 20 à 25 % de notre chiffre d’affaires. Nous avons bâti notre notoriété tant en Italie qu’en Europe, grâce à nos efforts en matière de R&D. Nos produits sont donc reconnus par les réglementations européennes, ce ne sont pas des argumentaires de ventes établis par nous-mêmes, comme pour notre matelas Origine, le premier matelas certifié ergonomique en Europe par Ergocert (Institut d'ergonomie). Nous nous sommes également lancés, il y a quelques années dans la fabrication de décorations de lits qui rencontrent un beau succès non seulement en Italie, mais aussi en Europe, Moyen-Orient et Asie du Sud-Est. Nous avons abordé le marché français il y environ deux ans, et notre progression y est constante. Nous travaillons avec des magasins indépendants et groupes. Notre intention pour les trois années à venir est d’investir massivement sur ce pays qui représente, à nos yeux, le plus gros marché en Europe.


 

stevenNous sommes prêts pour la France

Nous comprenons que les organisateurs de Cologne se retrouvent dans l'obligation de changer l'affectation des espaces de chacun chaque année, pour autant cette année, nous avons été très déçus de notre emplacement; nos clients ont eu plus de mal à nous retrouver. Malgré cela et le manque de trafic que nous avons enregistré, nous sommes très satisfaits du résultat final. Pelissima, notre marque exclusive de revêtements de canapés continue sa progression. Nous en avons vendu 500 000 mètres en un mois, et cela a obtenu un succès sur les marchés mondiaux. Pelissima a été testé par le CTC (Comité Professionnel de Développement Cuir Chaussure Maroquinerie) en France selon les standards de Reach ; il a été confirmé que nous pouvons vendre le revêtement Pelissima avec un label. Nous avons des clients en France qui déjà vendent le Pelissima et nous explorons toutes les possibilités de développer nos ventes. Le marché français est unique en Europe. Il requiert un style et une qualité spécifiques. Nous sommes prêts à relever ce challenge.


 

paschenPour l’amour des livres

With love for books, ce slogan détermine parfaitement ce que furent ces dernières années. Nous nous sommes hautement concentrés sur la conception et la fabrication de bibliothèques. Depuis, nous avons lancé la fabrication d’une gamme de meu­bles dédiés à d’autres types de collections, toutefois la collection de livres reste à nos yeux la reine des collections. Celle-ci constitue le fondement de notre culture et notre héritage. Cependant le monde change et les collectionneurs sont moins nombreux, sans oublier la digitalisation et la concentration des contenus. Notre objectif est de nous adresser à de nouveaux types de collections comme les miniatures, les montres, les alcools rares, et autres objets précieux à fort coefficient affectif afin de leur proposer désormais, selon notre nouveau slogan, « La plus belle place pour les plus belles histoires ». Nous développons, à cet effet, des concepts qui nous amènent à nous impliquer dans le design d’une pièce afin d’y intégrer de la façon la plus esthétique, la plus sûre possible nos meubles de collections, voire de les dissimuler pour plus de protection. Le marché français géré avec enthousiasme, dynamisme et originalité par Fabrice Larivière de l'agence commerciale Sherpa Performances, reste un marché encore très fort pour le livre, aussi nous avons signé en 2012 une convention de mécénat avec le Centre National du Livre (CNL), qui représente une puissante institution dépendant du ministère de la Culture. Paschen érigera une magnifique Bibliothèque Solution sur le stand même du CNL lors du prochain Salon du Livre de mi-mars 2012. Enfin, Paschen s'honore du soutien avisé et affectif de personnes influentes dans l’univers du livre et notamment de celui de Patrick Poivre d'Arvor.


 

houard« Made in France »

Ce salon est un rendez-vous avec nos clients, nos prospects, et nous présentons les programmes que nous animerons en 2012. Rien de bien original, dans ces affirmations, mais sachez cependant que l'export représente une part importante de notre chiffre d'affaires, le 1er pays export étant l'Allemagne. Cette année nous avons présenté 200 nouveaux produits sur 540m2 sur toutes nos familles de produits (armoires et rangements, chambre à coucher adultes et enfants, living, salle de bain et cuisines). Nous avons choisi de mettre l'accent sur notre nouvelle image avec la présentation du nouveau logo & des nouvelles couleurs de notre identité Demeyere Group, dans un stand gris et orange, en soulignant notre spécificité « made in France ». Parmi nos nouveautés, nous présentons une offre puériculture, via une gamme attractive de par son design, avec des décors qui ont rencontré un bel accueil chez nos clients. Notre ambition est donc de pénétrer ce marché important dit du jeune parent.


 

Les mystères de Paris

Reste le troisième larron qui lui, agonise. Pour notre plus grand malheur, ce salon blessé à mort par des années d’incurie, et de conflits comme seul notre beau pays est capable de générer, laisse malgré tout un grand vide. On ne rejette pas impunément aux oubliettes 56 ans d’une histoire qui a connu de très belles heures. Triste fin pour un salon qui malgré tout laisse un grand vide. Force cependant est de reconnaître que si des erreurs mortelles d’appréciations, de stratégies ont été commises, que des intérêts personnels ont prévalu aux intérêts communs, ces impairs ne portent pas à eux seuls sur leurs épaules la responsabilité de ce naufrage. Le mal vient également d’un tissu industriel qui s’est réduit comme une peau de chagrin, faute d’une politique de marque, « faute » de l’hégémonie de la distribution qui plus qu’ailleurs en Europe s’est attribué le marché et a déterminé les tendances, réduisant les fabricants aux rôles de fournisseurs sous-traitants, à de rares exceptions près. Saluons pourtant les efforts remarquables de l’industrie de la literie, qui prouve que rien n’est jamais perdu, pour peu que l’on ait la volonté et que l’on s’en donne les moyens. Passons… Tou­jours est-il que dans ce contexte, les importations ont grimpé en flèche et la désindustrialisation, ce cancer qui ronge notre économie, en est la conséquence directe. Face à une distribution hégémonique, concentrée et qui plus est inventive, grâce surtout au géant suédois Ikea les acteurs de la profession ont vu fondre leurs rangs au fil des années, et s’il reste malgré tout de magnifiques fleurons, à l’exemple de Roset, véritable icône de l’industrie du canapé, ceux-ci ne sont plus suffisants pour constituer une ossature autour de laquelle pouvait se bâtir un salon, capable d’attirer les acheteurs de toute la planète, dans une économie mondialisée. L’échec du salon du meu­ble n’est que la conséquence du mal français, à savoir un outil industriel qui se réduit de jour en jour, à coups de fermetures et de délocalisations trop souvent dues à un coût du travail trop élevé. L’affaire en ces temps préélectoraux est entre les mains de nos candidats aux présidentielles. Gageons que l’heureux élu saura prendre les mesures adéquates si nous ne voulons pas à moyen terme connaître un sort encore plus funeste. Heureusement, tout n’est pas noir. Face au vide engendré par les malheurs de notre salon national, les salons régionaux, tels Nantes, Reims ou Avignon ont fait leur trou avec bonheur, et surtout un dynamisme qui suscite le respect. Enfin Bruxelles, qui connaît lui aussi un succès grandissant, rappelle au monde que la Francophonie n’est pas morte.

L’union fait la force

Voilà donc pour la situation européenne, où il apparaît très clairement qu’il n’existe plus que deux rendez-vous internationaux. Si le parti pris de l’offre milanaise, délibérément typée design, s’affiche clairement droit dans ses bottes transalpines, il n’en a pas été de même pour l’approche opérée par les organisateurs rhénans. Il faut dire que le marché spécifiquement meuble s’était concentré ces dernières années, conséquence d’une distribution agressive et surtout de « l’effet Ikea » qui a notamment capté cette notion de jeune habitat qui fait fureur aussi outre-Rhin. Toutefois, la concentration s’est avérée moins destructrice que chez nous, dans la mesure où de nombreuses grosses PME, ont permis d’amortir le choc de l’offensive asiatique et surtout chinoise. Mieux encore, ces entreprises ont fourni des efforts considérables en matière de recherche et développement afin de proposer une offre fondée sur la qualité, à défaut de pouvoir se battre sur les prix. Bonne pioche, puisque l’étendard « Made in Germany » a réussi à s’imposer dans une grande majorité des secteurs industriels et notamment ceux du meuble. Désormais, ce leitmotiv est devenu le gimmick à la mode, non seulement chez nos amis allemands, mais aussi dans le monde, constituant le meilleur des remparts contre l’invasion de produits à bas coûts. Tout ceci ne s’est cependant pas fait sans efforts considérables, notamment en termes de coûts salariaux et de partage de temps de travail. Ces efforts imposés aux travailleurs allemands ne l’ont pas été uniquement au nom de l’exportation à destination des pays émergents, mais également à l’intention du marché intérieur, qui n’a pas connu de baisse significative, à l’exception des années noires 2008/2009. Le consommateur allemand s’est retrouvé dans cette approche, et n’a guère cédé aux sirènes des produits low cost. Il achète allemand, non par nationalisme primaire, mais par pragmatisme, estimant qu’un investissement dans un produit fiable est bien plus rentable à long terme.
Tout ceci a été fort bien compris à Cologne, ou chaque organisateur de salon qui se respecte n’oublie pas de discuter longuement et de s’allier avec le syndicat de la profession. Ainsi les industriels nationaux, soutenus par leur salon et leur organisation professionnelle, n’ont jamais fait défaut même aux années les plus noires. Mieux encore, ils ont accepté en leur sein la présence de fabricants asiatiques en se disant que s’ils veulent exporter sur ces marchés colossaux, ils doivent accepter les échanges bilatéraux. Bingo, puisqu’aujourd’hui nos voisins sont devenus les champions de l’export et la présence d’exposants chinois à Cologne prouve qu’il n’est pas besoin de pousser des cris d’orfraie si son industrie est suffisamment forte pour opposer des arguments différents, mais autrement performants. Tel fut une des raisons pour lesquelles le salon IMM n’a pas souffert de la crise.


stand canapésDeux pour le prix d’un…

Conscients qu’une offre simplement dédiée au meuble risquait à terme de trouver ses limites, l’équipe Koelnmesse s’est lancé un formidable pari, celui de transformer le concept à travers l’offre. C’est ainsi que le salon IMM se définit désormais comme le salon de l’aménagement de la maison dans le sens le plus large du terme, puisque tout ce qui se fabrique à destination de nos pièces à vivre est amené à y trouver sa place. L’opération changement de cap a commencé en 2011, de façon tout à fait spectaculaire, avec l’adjonction de deux halls entièrement dédiés à l’univers de la cuisine. De l’encastrable au mobilier, en passant par les composants, tous les grands noms ont répondu présents, assurant un succès fulgurant à Living Kitchen, nom de cette nouveauté. Le visitorat a bondi de 38 %. Il faut reconnaître toutefois que ce succès a été facilité par le fait que la majorité de l’industrie du secteur de la cuisine est allemande. Cependant, fallait-il faire venir ces entreprises, et là ne fut pas moins le moindre mérite des organisateurs, qui avec leur savoir-faire incomparable en la matière, ont en collaboration avec les organisations professionnelles, incité les exposants à jouer le jeu. Ceux-ci l’ont parfaitement joué avec des stands aussi superbes que gigantesques et ont massivement invité leurs clients. Bref, ce fut un coup de maître. Forts de ce premier succès sur des terres étrangères au meuble proprement dit, les organisateurs ont réitéré l’opération pour cette année 2012 en direction de la salle de bains, couplée à l’univers de l’éclairage, des revêtements de sols et muraux qui. Seulement, cette fois-ci, force est de constater que même lorsque l’on s’appelle Koelnmesse, on ne peut pas faire gagnant à tout coup. L’ensemble ne fut pas une réussite flagrante. Probablement parce que la cohabitation de ces univers ne coule pas de source. Ainsi seules quelques marques locales ont fait le déplacement, mais aussi célèbres soient-elles, Dornbracht ou Geberit, ne suffisent à combler l’absence des grands acteurs du métier, et notamment des Italiens, orfèvres en la matière. Si la politique d’ouverture a connu un grand succès l’an passé avec Living Kitchen, elle n’est pas sans risques, comme Living Interiors, tel est son nom, l’a démontré. Cependant, nous connaissons bien nous amis rhénans, pour savoir qu’ils remettront vite leur ouvrage sur le métier pour nous proposer une prochaine édition dans deux ans, puisque celle-ci sera biennale, en alternance avec Living Kitchen. Cette petite mésaventure n’a pas empêché toutefois le secteur du meuble proprement dit de connaître une édition tout à fait exceptionnelle puisque pas moins de 1 157 entreprises venues de 54 pays ont présenté les tendances de « l’agencement intérieur de l’année à venir » selon les termes du communiqué officiel qui démontre la volonté de se démarquer d’un salon du meuble classique. D’ailleurs Living Interiors et IMM y ont été présentés comme deux salons cohabitant sous le même toit, à l’instar de Living Kitchen, l’an passé. Quoi qu’il en soit, le rendez-vous de Cologne a attiré 115 000 visiteurs, ce qui correspond à une augmentation de 14 %, par rapport à l’édition 2010, où Living Kitchen n’existait qu’à l’état de projet. Ces chiffres comblent d’aise Gerald Böse, Président-directeur général de Koelnmesse GMBh : « Cologne est véritablement la grande plateforme d’affaires de l’industrie mondiale du meuble. La participation internationale a augmenté, notamment avec les Italiens qui n’avaient pas été présents si massivement depuis longtemps. Nous avons également noté une présence très importante d’acheteurs venus de toute l’Europe de l’est, de Russie, puis enregistré une progression du visitorat Nord-Americain et Asiatique. Ces résultats prouvent que nous figurons dans le peloton de tête mondial dans le secteur du meuble ».

Une offre très classique, malgré tout

Ce n’est pas les délires de designers qui ont fait le succès de l’édition 2012. Somme toute, l’offre reste très classique, sans toutefois négliger son époque. Ainsi, comme il fallait s’y attendre, l’afféterie, la surcharge ne sont plus de mise. Place désormais à la sobriété, aux matériaux naturels, à l’authenticité. Voici venu l’avènement des meubles en bois massif, matière noble s’il en est que l’on retrouve également sur les parquets. Le cuir, la laine ou le feutre laine tricoté recouvrent nos canapés. Bien évidemment à mesure que les villes connaissent une surpopulation effrénée, nos logements sont plus exigus. En conséquence, les meubles deviennent plus petits, et surtout multifonctionnels. Comme les pièces ne sont plus séparées, le mobilier se doit d’être transportable facilement d’un endroit à un autre, au gré de nos besoins et de nos envies. Les canapés s’arrondissent, les bureaux et secrétaires se miniaturisent, conséquence de la réduction de la taille et de l’encombrement du matériel multimédia. Quant au sacro-saint téléviseur, il ne trône plus au milieu du salon. Les écrans plats permettent de le dissimuler. Enfin l’avènement de l’éclairage à Led offre une myriade de possibilités en termes d’ambiance et de décoration, tout en devenant sobre en énergie. Le bois, le verre, la pierre, tous ces matériaux issus de la nature s’invitent en masse dans nos intérieurs accompagnés de couleurs chaleureuses, mais sobres, afin d’accentuer le côté cosy de nos intérieurs. Rien de révolutionnaire, rien de surprenant dans cette offre qui cependant provoque une sensation de bien être pour un intérieur où tout un chacun d’entre-nous souhaite y couler des jours heureux, loin du tumulte de notre monde bien agité en ces temps compliqués. Toutefois les amateurs de folies en tous genres n’ont pas été oubliés. Il leur suffisait de se rendre dans le hall, désormais bien connu nommé « pure village » dédié aux délires créatifs. Ils n’ont pas été déçus. En tout cas les organisateurs ont démontré qu’ils n’avaient de leçons à recevoir de personne en la matière. IMM, l’air de rien, est en pleine mutation. Les organisateurs ont compris qu’il fallait proposer à la profession une offre adaptée aux nouveaux consommateurs. Le meuble n’est plus un objet statutaire, il fait partie d’un environnement où s’invitent la décoration et la fonctionnalité dans un habitat qui évolue vers des surfaces qui se réduisent à mesure que la transhumance urbaine s’accélère. On ne parle plus aujourd’hui de meubler ses pièces à vivre, mais de les aménager. Aussi est-ce pour cela que les organisateurs mettent en place une stratégie de long terme, où l’aménagement intérieur deviendra la raison d’être de ce rendez-vous mondial.

Philippe Méchin