Meuble Paris

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mparis-logoSauvons les meubles !

Si Meuble Paris parvient encore à refléter les principales tendances du marché français du meuble, le peu d’exposants présents sur le hall B continue à questionner, notamment sur une complémentarité qui n’a toujours  pas été trouvée avec Maison & Objets…

allées salon

Avec peu d’exposants, mais un volume d’affaires étal par rapport à 2011 — selon les organisateurs — Meuble Paris parvient en 2012 à attirer un certain nombre d’acheteurs, pour le plus grand bonheur des quelques fidèles industriels qui, malgré la faiblesse de la surface qui leur est accordée, n’hésitent pas chaque année ou presque à réserver leur emplacement. « Meuble Paris 2012 est un bon cru avec des stands très qualitatifs qui mériteraient toutefois davantage d’espace », confirme ainsi Philippe Raimbaud, Directeur général de Résistub. Sa­tis­faction plus évidente chez Minet. « C’est une bonne édition avec un bon niveau de fréquentation », assure Thierry Minet, PDG de la société éponyme. Idem chez Burov et Leleu où Alain Pittet, PDG des deux marques note « une importante affluence sur toute la durée de la manifestation, à l’exception du samedi ». Echo positif par ailleurs du côté des distributeurs présents sur la partie décoration de l’événement.  Enfin, satisfaction également côté organisateurs. « Avec plus de 85 000 visiteurs professionnels dont une partie toujours plus importante est d’origine étrangère, Maison & Objets et Meuble Paris prouvent une fois pour toutes que l’événement bénéficie d’un véritable rayonnement international », fait remarquer Franck Millot, Directeur commercial de la Safi.

 

Tendances Déco et Outdoor

Force est en effet de constater que l’offre du sa­lon — malgré sa relative faiblesse quantitative – affiche justement et clairement une certaine allure. L’édition 2012 reste et demeure sur la ligne historique du salon parisien : l’ameublement milieu et haut de gamme. Il parvient ainsi fort logiquement — grâce notamment à ses interactions avec Maisons & Objets — à intégrer d’emblée les composantes “ art de vivre ” et déco des dernières années, en invitant majoritairement des grands noms de la création. A l’image de Celio, par exemple, qui sur un des stands les plus imposants de Meuble Paris 2012, parvient à présenter différents univers et notamment quelques concepts novateurs. Rappelons que l’industriel fait preuve ces derniers mois d’un engagement qualitatif sur la décoration avec notamment des couleurs très recherchées. Pour ces nouvelles gammes, Alain Liaut, Président de Celio, s’est d’ailleurs associé à des stylistes professionnels pour créer des ambiances et des univers spécifiques. Une stratégie qui lui permet d’ailleurs de miser plus que jamais sur l’export. La confirmation de la tendance déco cohabite plus que jamais avec la volonté réaffirmée des industriels de faire entrer la nature dans la maison. Une volonté bien repérable sur le hall 5B mais également sur l’espace spécifique à Meuble Paris. Ainsi Burov réédite cette année sa célèbre ligne sofa et sièges de 1958 en l’adaptant pour l’extérieur. « Sur la base de la coque d’origine en polyuréthane haute densité, nous avons opté pour un textile habituellement utilisé pour les bateaux, d’où sa résistance à l’eau », explique ainsi Alain Pittet. L’édition 2012 du salon brosse ainsi le portrait d’un habitat aux contours flous entre intérieur et extérieur, au sein duquel les meubles s’accordent selon des lignes et des formes toujours très design.

 

Ambiance...


Design vert…

Le design est en effet plus que jamais “tendance”. Les designers ont ainsi remplacé les créateurs de mode des années 80 et les directeurs artistiques des années 90 comme ambassadeurs stars de la dernière tendance annonçant le monde de demain. En matière de mobilier et de décoration, ils sont d’ailleurs les auteurs mais également les garants d’une forme qui l’emporte de plus en plus sur le fond. Si Philippe Starck a été précurseur dans ce domaine, les jeunes générations de designers ne sont pas en reste. A l’image de Tokujin Yoshioka, nommé créateur de l’année de Now ! Design à vivre. Entre High-tech empirique et émotion, le travail de ce jeune designer japonais — exposé au hall 8 — utilise des matériaux novateurs dont les formes en trompe-l’œil invitent à la rêverie. Si Tokujin Yoshioka montre une évidente prédilection pour le verre et le métal, le bois reste et demeure toutefois le matériau le plus utilisé par les designers mais également par les industriels. A Paris comme ailleurs, il suffit de parcourir les allées des salons pour s’en rendre compte… Chez Minet, la tendance est ainsi au bois naturel. « Nous présentons sur le salon deux nouvelles gammes complètes : Lesly en chêne teinté et Harmonie en chêne naturel, ces produits vont dans le sens des attentes des consommateurs d’aujourd’hui qui sont à la recherche d’ambiance proche de la nature pour leur intérieur », commente Thierry Minet, PDG.

 

Interview

 

millotL’international du meuble…

Franck Millot, Directeur commercial de la Safi

- Quel est le bilan de cette édition ? Estimez-vous avoir atteint vos objectifs, en termes de visitorat notamment ?
Nous sommes à peu près sur le même trend que 2011, à savoir un peu plus de 85 000 visiteurs sur l’ensemble de la manifestation, Maison & Objets et Meuble Paris confondus. On note une légère baisse sur le visitorat français mais une progression de plus d’1 % sur le nombre de visiteurs étrangers. Dans le détail, on observe le retour des acheteurs américains et toujours une très forte progression des acheteurs chinois, de 20 à 30 % sur chaque édition. Enfin, les visiteurs d’Europe du Nord sont plus nombreux tandis que ceux d’Europe du Sud sont en retrait. Dans ce sens, ces tendances reflètent la situation économique des pays.
- Le choix de la fin janvier pour la tenue du salon — qui se chevauche sur plusieurs jours avec celui de Cologne — est-il bien accueilli par les professionnels ?
Les avis ont toujours divergé sur ce point, il y en a autant que d’exposants… Par rapport à Cologne, il y a des exposants qui font le choix de la manifestation allemande, d’autres de l’événement parisien… Il est difficile pour la Safi d’influer sur ce choix ! Ce qui est par contre très clair, c’est que la tenue de Maison & Objets fin janvier ne peut être que l’objet d’un consensus. D’autant que le salon est réellement devenu une plate forme internationale, avec des exposants et acheteurs du monde entier. On ne peut donc satisfaire tout le monde.
- Justement à force de consensus et de compromis, Meuble Paris semble se vider de son contenu en tant que manifestation dédiée au meuble…
L’univers du meuble a évolué, ses salons également… Nous nous sommes donc nous aussi adaptés, avec un événement couvrant plusieurs secteurs : l’industrie du meuble, mais également en aval, celle de la décoration, du luminaire, des textiles d’ameublement, etc. Aujourd’hui, ces différents marchés sont économiquement liés les uns aux autres, on ne peut donc les séparer au sein d’un salon.
- L’offre de Meuble Paris sur la literie n’est pas forcément représentative du marché français…
C’est un des marchés les plus dynamiques du meuble, il intègre des acteurs à vocation internationale et d’autres à vocation nationale. Les uns et les autres ont fait un gros travail ces dernières années pour mettre en place une offre qualitative. Dans ce sens, Meuble Paris fait en sorte d’offrir une vitrine à tous ces industriels.
- Comment pensez-vous faire évoluer Meuble Paris et Maison & Objets ? Quelles seront vos priorités pour les prochaines éditions ?
Ouvrir toujours plus le salon à l’international. Nous n’avons pas le choix car le marché évolue dans ce sens. Nous travaillerons donc avec tous les pays acteurs de la décoration et de l’ameublement. Nous irons également vers ces pays. Après une première expérience sur la Russie, nous réfléchissons ainsi à la création d’un événement sur l’Asie. Nos clients sont en effet demandeurs d’un événement asiatique haut de gamme dans le style Maison & Objets, mais de moindre surface. Actuellement quatre villes sont pressenties pour recevoir la manifestation : Hong Kong, Shanghai, Tokyo et Singapour. Mais, nous en saurons plus ces prochaines semaines…




… pour salon durable ?

Au-delà, les sociétés intégrant à leur gamme de mobilier du bois labellisé “gestion durable des forêts” sont de plus en plus nombreuses. « L’éco­logie n’est pas un argument marketing chez Wewood », précise ainsi José Almeida, Directeur général d’une joint-venture réunissant architectes, designers et industriels lusitaniens pour la réalisation de meubles à la fois contemporains et durables. Et de préciser : « nous utilisons du bois issu de forêts gérées durablement et en aval livrons des meubles démontés pour favoriser le recyclage des pièces ».
Mais si la durabilité est certainement la tendance majeure des produits présentés sur cette édition, on peut se demander si celle-ci s’applique au salon lui-même… En effet, si les exposants sont globalement satisfaits de l’événement, la plupart ne cachent pas leurs inquiétudes quant au devenir de Meuble Paris sur le moyen terme. Le peu d’exposants inquiète les industriels présents sur l’événement. « Meuble Paris avec ses quelques dizaines de stands, peut-il survivre quand le nombre de manifestations dédiées au meuble est chaque année plus important en France et en Europe ? », questionne ainsi Alain Pittet (Burov). Et de répondre : « il manque un vrai salon national — tel qu’on l’a connu il y a quelques années — capable d’offrir une vraie vitrine de la profession, rôle que ne peuvent remplir les salons régionaux qui exposent trop d’industriels étrangers ».
Et il y a urgence car lentement mais sûrement, le meuble disparaît à Villepinte. A n’en pas douter — comme les dernières éditions le montrent —, celui-ci est soluble dans l’univers de la décoration. « La complémentarité entre Maison & Objets est encore à trouver », fait ainsi remarquer Philippe Raimbaud (Résistub). Et de conclure : « la faute au salon certes, mais l’événement reflète également une certaine réalité du marché ; c’est pourquoi les fabricants français de meubles doivent aujourd’hui penser à compléter et prolonger leurs gammes par une offre déco ».

Laurent Feneau

A suivre, Salon Meuble Paris, la literie à l’honneur...